Moustique tigre en Creuse (23) : le dernier département de Nouvelle-Aquitaine encore épargné
En 2026, la Creuse est le seul des 12 départements de Nouvelle-Aquitaine où Aedes albopictus n'est pas installé. Un foyer a bien été repéré à Sardent, au sud de Guéret, en 2023, mais le département n'est pas encore colonisé. Où en est la surveillance, pourquoi la vague se rapproche, et comment le nord de la Creuse peut retarder l'arrivée de l'insecte.
Données officielles : ARS Nouvelle-Aquitaine (point de situation et brief presse 2026, opérateur Altopictus), Santé publique France (bulletins de surveillance 2026). Mise à jour : novembre 2026.
2026 : la vague régionale se referme, la Creuse tient encore
La saison 2026 (surveillance renforcée du 1er mai au 30 novembre) confirme une anomalie désormais bien connue en Nouvelle-Aquitaine : alors que le moustique tigre gagne chaque année des centaines de communes, la Creuse reste, elle, à l'écart.
Épargnée, mais pas à l'abri
En 2026, le moustique tigre est présent dans 11 des 12 départements de Nouvelle-Aquitaine et concerne, au quotidien, 75 % des Néo-Aquitains. La Creuse fait exception, mais elle est désormais entourée de territoires colonisés : au nord, l'Indre (colonisé depuis 2017) et le Cher (depuis 2019) ; dans la région, tous les autres départements. La pression d'introduction est donc réelle, portée par les déplacements (voiture, train, marchandises) le long des grands axes.
Côté santé, 2026 reste une année élevée au niveau national (205 cas autochtones de chikungunya et 8 de dengue au 26 octobre, selon Santé publique France), mais ces foyers se concentrent dans le Sud et en Île-de-France : aucun n'a touché la Creuse ni ses environs. Quant au virus West Nile détecté en 2026 dans le Loiret (région Centre-Val de Loire voisine), il relève d'un autre moustique, le genre Culex, pas du tigre, qui transmet lui la dengue, le chikungunya et le Zika. Tant que le vecteur tigre n'est pas installé, la Creuse n'a pas de relais local pour ces trois virus.
Sources : ARS Nouvelle-Aquitaine, brief presse moustique tigre du 02/07/2026 ; SpF, bulletin national arboviroses du 28/10/2026.
La situation en un coup d'œil
Une progression régionale qui encercle la Creuse
Communes colonisées en Nouvelle-Aquitaine
De 1 485 communes colonisées en 2025 à 1 700 en 2026, soit 215 de plus en un an. La Creuse reste la seule à zéro. Source : ARS Nouvelle-Aquitaine, brief presse du 02/07/2026.
Départements colonisés en France (au 1er janvier)
81 départements métropolitains colonisés au 1er janvier 2025, 83 un an plus tard. La Creuse figure parmi la poignée de départements encore épargnés. Source : Santé publique France / ARS.
Le nord de la Creuse : une porte d'entrée possible
La Creuse n'est pas isolée du front de colonisation : le nord du département touche deux territoires déjà installés, l'Indre et le Cher, et se trouve sur les grands axes qui relient Paris au sud-ouest. C'est par là, le plus probablement, que l'insecte finira par entrer.
Le front est au nord
Le moustique tigre ne vole guère au-delà de 150 mètres : il progresse surtout en voyageant passivement (voiture, car, train, marchandises). Or le nord de la Creuse borde deux départements où il est installé de longue date, et il est traversé par l'A20 et la ligne ferroviaire Paris, Toulouse (via La Souterraine), deux couloirs d'introduction classiques.
- Indre (36) au nord-ouest : colonisé depuis 2017
- Cher (18) au nord : colonisé depuis 2019
- Axes nord, sud : A20 et ligne Paris, Toulouse par La Souterraine
Sardent, le premier foyer
À l'été 2023, un foyer de moustiques tigres a été repéré dans un hameau de Sardent, au sud de Guéret. Il n'a pas été trouvé par les pièges, mais par le signalement d'un habitant. Le département n'a pas été classé colonisé pour autant (le critère des 150 mètres n'était pas rempli), et la surveillance a été renforcée pour vérifier si l'insecte avait passé l'hiver.
- Sardent (sud de Guéret) : foyer détecté à l'été 2023
- Découvert par un signalement citoyen, pas par les pièges
- Pas de colonisation établie : surveillance renforcée depuis
Détail du foyer et du dispositif : « Pour la première fois un moustique tigre a été repéré en Creuse » (ICI / France Bleu Creuse, avril 2024).
Comment la Creuse surveille un moustique qui n'est pas encore là
Chaque année du 1er mai au 30 novembre, l'ARS Nouvelle-Aquitaine active une surveillance renforcée, opérée sur le terrain par Altopictus. Dans les départements encore épargnés comme la Creuse, le dispositif repose sur des pièges pondoirs installés sur des sites à risque (axes, aires, points d'entrée), complétés par les signalements des habitants. En 2025, la région a compté 945 pièges pondoirs.
Le dispositif est aussi réactif : dès qu'un cas confirmé de dengue, de chikungunya ou de Zika est signalé, une enquête entomologique et, si besoin, une démoustication ciblée sont déclenchées autour du lieu. En Creuse, faute de vecteur installé, aucune opération de ce type n'a eu lieu à ce jour.
En Creuse, c'est l'arme décisive
Dans un département pas encore colonisé, le signalement des habitants vaut souvent plus que les pièges : c'est un signalement, et non un piège, qui a révélé le foyer de Sardent en 2023. Chaque remontée aide l'ARS et Altopictus à détecter l'insecte au plus tôt et à cibler la surveillance.
- Signalez tout moustique tigre suspecté sur le portail ANSES (signalement-moustique.anses.fr).
- Prenez une photo nette : rayures noires et blanches, petite taille, actif en journée.
- Supprimez les gîtes larvaires autour de chez vous, premier réflexe utile, même avant l'arrivée de l'insecte.
Portail national de signalement : ANSES, Aedes albopictus.
Ce qui se joue dans le département
- Surveillance entomologique (réseau de pièges pondoirs) coordonnée par l'ARS Nouvelle-Aquitaine et son opérateur Altopictus.
- Signalement obligatoire des cas confirmés d'arbovirose par les médecins et laboratoires à l'ARS.
- Appel au signalement citoyen, voie par laquelle le foyer de Sardent a été découvert en 2023.
- Mobilisation des communes et des habitants sur la suppression des eaux stagnantes, seul levier durable.
La Creuse face au front, étape par étape
- 2018
L'ARS Nouvelle-Aquitaine déploie une surveillance entomologique (pièges pondoirs) dans les secteurs encore épargnés de la région, dont la Creuse.
- 2023
Premier foyer de moustiques tigres détecté à Sardent, au sud de Guéret, via le signalement d'un habitant. Le département n'est pas classé colonisé.
- 2024
Surveillance renforcée pour vérifier si le foyer a passé l'hiver, réseau de pièges étendu, réunion d'information organisée sur place.
- 2025
La Creuse reste non colonisée. La région compte 945 pièges pondoirs et enregistre, ailleurs, ses premiers cas autochtones de chikungunya et de dengue.
- 2026
Au 2 juillet, la Creuse demeure le seul des 12 départements de Nouvelle-Aquitaine non colonisé, quand la région atteint 1 700 communes colonisées.
Les risques pour la santé
Le moustique tigre est un vecteur potentiel de trois virus : la dengue, le chikungunya et le Zika. En métropole, la transmission suppose qu'un moustique pique une personne infectée de retour d'une zone épidémique, puis une personne saine. Un cas autochtone signifie une contamination survenue sur place, sans voyage. En Creuse, faute de vecteur installé, il n'existe pas de relais local pour ces virus : un habitant peut rapporter une infection d'un voyage (cas importé), mais sans moustique tigre sur place, la chaîne de transmission ne peut pas démarrer. C'est précisément cet équilibre que la surveillance cherche à préserver.
- Fièvre brutale
- Douleurs musculaires et articulaires
- Maux de tête, éruption cutanée
- Ces symptômes pendant ou après un séjour en zone à risque
- → consultation médicale rapide, en signalant le voyage
- Le Zika peut provoquer de graves anomalies du développement cérébral du fœtus
- Prudence renforcée conseillée
Information à visée préventive, ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.
Comment garder une longueur d'avance en Creuse
Coupez l'eau aux moustiques
Une femelle pond ~200 œufs qui éclosent au contact de l'eau. Sans eau stagnante, pas d'éclosion. C'est le levier n°1, et il est encore plus efficace avant que l'insecte ne s'installe.
- Videz coupelles, seaux, pneus, jouets et encombrants
- Couvrez réservoirs, citernes et récupérateurs d'eau
- Changez l'eau des vases et soucoupes chaque semaine
- Entretenez gouttières, regards et drainages
Repérez-le et signalez-le
Le tigre pique en journée. Sa piqûre est douloureuse. En Creuse, un signalement peut faire gagner une saison de retard à l'insecte.
- Photographiez l'insecte (petit, rayé noir et blanc)
- Signalez-le sur le portail ANSES
- Répulsifs cutanés adaptés (avis pharmacien) en cas de voyage
- Moustiquaires aux portes et fenêtres
Miser sur la lutte intégrée, pas sur une solution miracle
Pièges à pondoirs, bornes CO₂, répulsifs, moustiquaires sur-mesure : aucune de ces solutions ne suffit isolément. Face à un moustique capable de pondre 200 œufs et de relancer un cycle tous les 2 à 3 jours, c'est la combinaison de plusieurs pratiques et dispositifs, adaptée à votre configuration (jardin, balcon, terrasse) et associée à la suppression des eaux stagnantes, qui réduit durablement sa présence. La lutte intégrée reste, à ce jour, la seule approche qui fonctionne dans la durée.
FAQ, Moustique tigre en Creuse
- ARS Nouvelle-Aquitaine, Brief presse moustique tigre : modalités de surveillance et point de situation 2026 (02/07/2026) (présent dans 11 des 12 départements et 1 700 communes, +215 depuis 2025, la Creuse n'étant pas encore concernée ; 75 % des Néo-Aquitains concernés ; opérateur Altopictus).
- ARS Nouvelle-Aquitaine, Lancement de la saison 2026 de surveillance et de lutte (communiqué du 30/04/2026) (le moustique tigre présent dans tous les départements de Nouvelle-Aquitaine sauf la Creuse ; 945 pièges pondoirs installés en 2025 ; premiers cas autochtones de chikungunya et de dengue en 2025).
- ICI / France Bleu Creuse, Pour la première fois un moustique tigre a été repéré en Creuse (avril 2024) (foyer détecté à Sardent à l'été 2023 via un signalement d'habitant ; critère de colonisation des 150 mètres ; 12 pièges pondoirs, aucun œuf de tigre alors repéré).
- Santé publique France, Bulletin national de la surveillance renforcée des arboviroses, semaine 43-2026 (28/10/2026) (205 cas autochtones de chikungunya en 29 épisodes et 8 de dengue au 26/10 ; aucun foyer en Creuse ni dans le Limousin).
- ARS Centre-Val de Loire, Années d'implantation par département (voisins de la Creuse) (Indre 2017, Cher 2019).
- ANSES, Portail de signalement Aedes albopictus.