Département colonisé depuis 2017, expansion vers le sud en 2025

Moustique tigre dans l'Indre (36) : colonisation, risques sanitaires et prévention

Premier département colonisé de la région Centre-Val de Loire, l'Indre compte 18 communes colonisées par Aedes albopictus fin 2025. Où l'insecte progresse, quels risques pour la santé, comment réagissent les autorités et comment se protéger.

Données officielles : ARS Centre-Val de Loire & Inovalys (Bilan annuel 2025 de lutte anti-vectorielle, Indre), Santé publique France (bulletins de surveillance 2026). Mise à jour : novembre 2026.

Saison 2026, ce qui a changé

2026 : la transmission locale d'un virus devient une réalité dans la région

La saison 2026 (surveillance renforcée du 1er mai au 30 novembre) marque un tournant pour le Centre-Val de Loire : pour la première fois, un virus transmis par les moustiques a circulé localement dans un département voisin de l'Indre.

Fait marquant 2026
1re
circulation autochtone de virus West Nile en Centre-Val de Loire, dans le Loiret (automne 2026)
Source : Santé publique France, bulletin national du 21/10/2026
183
cas autochtones de chikungunya en France hexagonale en 2026 (22 foyers), au 19 octobre
Source : Santé publique France, bulletin national du 21/10/2026
83
départements métropolitains colonisés par le moustique tigre au 1er janvier 2026 (81 un an plus tôt)
Source : ARS Centre-Val de Loire / Santé publique France
À ne pas confondre

West Nile ≠ dengue : deux moustiques, deux virus

Le fait marquant de 2026 dans la région (le virus West Nile dans le Loiret) n'est pas transmis par le moustique tigre. Il l'est par le moustique commun (genre Culex), présent partout en France, y compris dans l'Indre. Le moustique tigre (Aedes albopictus), lui, transmet la dengue, le chikungunya et le Zika. Deux insectes, des virus différents, mais un même signal : en 2026, la transmission locale d'un virus par les moustiques est devenue une réalité en Centre-Val de Loire.

Pour l'Indre, le vecteur tigre est installé et la région reste exposée : du 1er mai au 19 juillet 2026, le Centre-Val de Loire avait déjà reçu 3 cas importés de chikungunya et 11 cas importés de dengue, autant d'étincelles possibles là où le tigre est présent. À cette date, aucun foyer autochtone de dengue ou de chikungunya n'avait été recensé dans l'Indre ; au niveau national, les foyers 2026 de ces deux virus restaient concentrés dans le Sud.

Sources : SpF, bulletin national arboviroses du 21/10/2026 ; SpF, bulletin régional Centre-Val de Loire du 24/07/2026.

Chiffres clés, Indre (36)

La situation en un coup d'œil

18
communes colonisées dans l'Indre fin 2025 (sur 241)
Source : ARS Centre-Val de Loire / Inovalys, Bilan annuel 2025 (Indre)
2017
année d'implantation à Châteauroux : 1re commune colonisée de toute la région
Source : ARS Centre-Val de Loire, 2025
Population exposée
46,5 %
de la population de l'Indre concernée par un risque potentiel d'arbovirose
Source : ARS Centre-Val de Loire / Inovalys, Bilan annuel 2025 (Indre)
0
cas autochtone dans l'Indre en 2025 (1 seul cas de dengue importée, à Châteauroux)
Source : ARS Centre-Val de Loire / Inovalys, Bilan annuel 2025 (Indre)
Données & tendances

Une progression régulière, en graphiques

Communes colonisées dans l'Indre

D'une seule commune en 2017 (Châteauroux) à 18 fin 2025 : la colonisation progresse par paliers, en suivant les axes de transport. En 2025, quatre nouvelles communes ont basculé (Issoudun, Le Blanc, Le Magny, Montgivray). Source : ARS Centre-Val de Loire / Inovalys, Bilan annuel 2025 (Indre).

Relevés de pièges pondoirs positifs dans l'Indre

Le réseau de 38 pièges, répartis dans 17 communes, a produit 218 relevés en 2025, dont 74 positifs, contre 53 en 2024. Un indicateur de l'intensification de la présence du moustique dans le département. Source : ARS Centre-Val de Loire / Inovalys, Bilan annuel 2025 (Indre).

Zoom géographique

Le sud de l'Indre : La Châtre, la Brenne et la vallée de la Creuse

Longtemps concentré autour de Châteauroux, le moustique tigre gagne désormais le sud du département. Le secteur de La Châtre, la Brenne et la vallée de la Creuse figurent parmi les zones où la surveillance 2025 a confirmé sa présence.

Secteur de La Châtre (Boischaut sud)

De La Châtre à ses communes voisines

La Châtre est colonisée depuis 2023. En 2025, les relevés de pièges confirment l'extension à ses abords immédiats : Montgivray (limitrophe) et Le Magny (au sud) sont désormais comptées parmi les communes colonisées. Les pièges ont aussi été positifs à Nohant-Vic et Neuvy-Saint-Sépulchre, dans le même bassin.

  • La Châtre : colonisée depuis 2023 (pièges très actifs au centre hospitalier)
  • Montgivray : nouvellement colonisée en 2025
  • Le Magny : nouvellement colonisée en 2025
  • Nohant-Vic & Neuvy-Saint-Sépulchre : pièges positifs en 2025
Brenne & vallée de la Creuse

L'ouest et le sud-ouest aussi touchés

Dans la Brenne, Le Blanc rejoint en 2025 la liste des communes colonisées. Plus au sud, dans la vallée de la Creuse, Argenton-sur-Creuse et Le Pêchereau (colonisées en 2024) et Eguzon-Chantôme (pièges positifs en 2025, jusqu'au lac d'Eguzon) marquent la progression vers la limite avec la Creuse.

  • Le Blanc (Brenne) : nouvellement colonisée en 2025
  • Argenton-sur-Creuse & Le Pêchereau : colonisées en 2024
  • Eguzon-Chantôme : pièges positifs en 2025

Détail commune par commune et années de colonisation : Bilan annuel 2025 de lutte anti-vectorielle, Indre (ARS Centre-Val de Loire).

Dispositif officiel

Comment l'Indre surveille le moustique tigre

Chaque année du 1er mai au 30 novembre, l'ARS Centre-Val de Loire active une surveillance renforcée, opérée sur le terrain par Inovalys (laboratoire public habilité). Dans l'Indre, le dispositif 2025 reposait sur 38 pièges pondoirs répartis dans 17 communes, complétés par les signalements des habitants. En pratique, dans la région, le moustique est surtout actif de juin à octobre.

38
pièges pondoirs dans 17 communes de l'Indre en 2025
~150 m
rayon de déplacement du moustique : la lutte est ciblée sur ce périmètre
Mai–Nov.
période officielle de surveillance renforcée

Le dispositif est réactif : il se déclenche dès qu'un cas confirmé de dengue, chikungunya ou Zika est signalé. Une enquête entomologique recherche alors le moustique autour des lieux fréquentés par le malade ; une démoustication n'est déclenchée que si sa présence y est confirmée. En 2025, dans l'Indre, aucun traitement adulticide n'a été nécessaire.

Signalement citoyen

Un rôle clé pour les habitants

Le moustique tigre se déplace très peu : s'il est chez vous, c'est qu'il est né à proximité immédiate. Chaque signalement aide l'ARS et Inovalys à cartographier sa progression et à cibler la surveillance dans le département.

  • Signalez tout moustique tigre suspecté sur le portail ANSES (signalement-moustique.anses.fr).
  • Prenez une photo nette : rayures noires et blanches, petite taille, actif en journée.
  • Adoptez les gestes de suppression des gîtes larvaires autour de chez vous.

En 2025, Inovalys a traité 4 signalements citoyens pour l'Indre (Saint-Marcel, Le Blanc, Thenay). Source : Portail ANSES Aedes albopictus.

Action publique locale

Ce qui se joue dans le département

  • Signalement obligatoire des cas confirmés par les médecins et laboratoires à l'ARS Centre-Val de Loire.
  • Surveillance entomologique (réseau de pièges) et enquêtes de terrain coordonnées par l'ARS et Inovalys.
  • Démoustications ciblées, uniquement si la présence du vecteur est confirmée autour d'un cas humain.
  • Mobilisation des communes et des habitants sur la suppression des eaux stagnantes, seul levier durable.
Repères

La colonisation, étape par étape

  • 2017

    Châteauroux devient la première commune colonisée de la région Centre-Val de Loire : l'Indre est le point d'entrée d'Aedes albopictus dans le Berry.

  • 2021–2022

    Extension autour de Châteauroux : Déols, Le Poinçonnet, puis Ardentes, Villedieu-sur-Indre, Montierchaume, Coings et Diors.

  • 2023

    Le moustique atteint le sud du département : La Châtre, Saint-Maur, Niherne et Étrechet sont désormais colonisées.

  • 2024

    Progression dans la vallée de la Creuse : Argenton-sur-Creuse et Le Pêchereau.

  • 2025

    Quatre nouvelles communes : Issoudun, Le Blanc (Brenne), Le Magny et Montgivray (secteur de La Châtre). 18 communes colonisées au total.

Santé & prévention

Les risques pour la santé

Le moustique tigre est un vecteur potentiel de trois virus : la dengue, le chikungunya et le Zika. En métropole, la transmission suppose qu'un moustique pique une personne infectée de retour d'une zone épidémique, puis une personne saine. Un cas autochtone signifie une contamination survenue sur place, sans voyage. Dans l'Indre, aucun cas autochtone n'a été recensé à ce jour ; mais la présence installée du vecteur rend ce risque possible, comme l'a montré le premier cas autochtone régional de chikungunya à Orléans en septembre 2025.

Symptômes fréquents
  • Fièvre brutale
  • Douleurs musculaires et articulaires
  • Maux de tête, éruption cutanée
Quand consulter
  • Ces symptômes pendant ou après un séjour en zone à risque
  • → consultation médicale rapide, en signalant le voyage
Femmes enceintes
  • Le Zika peut provoquer de graves anomalies du développement cérébral du fœtus
  • Prudence renforcée conseillée

Information à visée préventive, ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Gestes essentiels

Comment se protéger dans l'Indre

Coupez l'eau aux moustiques

Une femelle pond ~200 œufs qui éclosent au contact de l'eau. Sans eau stagnante, pas d'éclosion. C'est le levier n°1.

  • Videz coupelles, seaux, pneus, jouets et encombrants
  • Couvrez réservoirs, citernes et récupérateurs d'eau
  • Changez l'eau des vases et soucoupes chaque semaine
  • Entretenez gouttières, regards et drainages

Évitez les piqûres

Le tigre pique en journée. Sa piqûre est douloureuse.

  • Répulsifs cutanés adaptés (avis pharmacien)
  • Vêtements couvrants et amples
  • Moustiquaires aux portes et fenêtres
  • Signalez-le sur le portail ANSES
Solutions pour se protéger

Miser sur la lutte intégrée, pas sur une solution miracle

Pièges à pondoirs, bornes CO₂, répulsifs, moustiquaires sur-mesure : aucune de ces solutions ne suffit isolément. Face à un moustique capable de pondre 200 œufs et de relancer un cycle tous les 2 à 3 jours, c'est la combinaison de plusieurs pratiques et dispositifs, adaptée à votre configuration (jardin, balcon, terrasse) et associée à la suppression des eaux stagnantes, qui réduit durablement sa présence. La lutte intégrée reste, à ce jour, la seule approche qui fonctionne dans la durée.

Questions fréquentes

FAQ, Moustique tigre dans l'Indre

Oui. Aedes albopictus est implanté dans l'Indre depuis 2017, année où Châteauroux est devenue la toute première commune colonisée de la région Centre-Val de Loire. Fin 2025, l'ARS Centre-Val de Loire recense 18 communes colonisées dans le département, soit 46,5 % de la population départementale exposée à un risque potentiel d'arbovirose.
Le moustique tigre a atteint La Châtre dès 2023. En 2025, il a été recensé comme colonisant deux communes voisines, Montgivray et Le Magny, ainsi que Le Blanc dans la Brenne. Les pièges de surveillance ont aussi relevé sa présence à Nohant-Vic, Neuvy-Saint-Sépulchre, Argenton-sur-Creuse, Le Pêchereau et Eguzon-Chantôme, dans le sud et le sud-ouest du département.
Non. En 2025, l'Indre n'a connu aucun cas autochtone. Un seul cas de dengue importée a été déclaré, à Châteauroux ; la prospection entomologique autour du domicile n'a pas détecté de moustique tigre et aucun traitement n'a été nécessaire. Le premier cas autochtone de la région (chikungunya) a été confirmé à Orléans, dans le Loiret, en septembre 2025.
Via le portail officiel de l'ANSES (signalement-moustique.anses.fr). En Centre-Val de Loire, la surveillance et les interventions sont réalisées par Inovalys pour le compte de l'ARS. Le signalement citoyen aide à suivre la progression de l'insecte et à cibler la surveillance.
En 2026, pour la première fois, un virus transmis par les moustiques a circulé localement en Centre-Val de Loire : des cas autochtones de virus West Nile ont été identifiés dans le Loiret (bulletin Santé publique France du 21 octobre 2026). Attention : le West Nile est transmis par le moustique commun (Culex), pas par le moustique tigre, qui transmet lui la dengue, le chikungunya et le Zika. Dans l'Indre, aucun cas autochtone de dengue ou de chikungunya n'a été recensé ; la région avait toutefois reçu 3 cas importés de chikungunya et 11 de dengue au 19 juillet 2026. Au niveau national, 2026 reste une année élevée, avec 183 cas autochtones de chikungunya au 19 octobre.
Sources officielles